Pour la nouvelle année, le produit d’épargne préféré des Français fait son apparition dans les banques. Il s’agit d’une véritable aubaine pour de nombreux établissements sinistrés par la crise.
Chose promise, chose due. Le livret A, produit d’épargne le plus connu des Français, est désormais disponible auprès de toutes les banques. Le gouvernement Fillon vient ainsi de concrétiser l’une de ses mesures phares, influencé c’est vrai par une directive de la Commission Européene. Vieux de presque 200 ans, le livret A semble aujourd’hui à l’apogée de son succès. Ses encours sont estimés fin 2008 supérieurs à 14 milliards d’euros soit une hausse de plus de 10 % par rapport à 2007.
Ce succès est assurément en grande partie lié à la crise financière. Dans un univers très mouvementé, le livret A apparaît comme une valeur refuge, un produit d’épargne rendu d’autant plus attractif par son taux relativement élevé (4,5 %) et son plafonnement à 15 300 euros par personne. Bien sûr, la confirmation par Eric Woerth, Ministre des Finances de la baisse de son taux à 2,5 % ou moins en février prochain risque de diminuer l’engouement des contribuables à son égard en 2009. Avec le marasme économique dominant et les multiples scandales financiers qui se sont récemment succédé, les placements sûrs pour préserver son argent ne sont cependant pas légion. Le livret A devrait donc logiquement continuer sa course en tête de la destination favorite de l’épargne des Français, hypothèse d’ailleurs confirmée par de nombreux analystes. Cyril Besson,chef économiste de Seeds Finance déclare ainsi : « Même avec la baisse anticipée du taux de rémunération autour de 2,5 % -2 % en février, le Livret A a encore de beaux mois devant lui. Les épargnants vont encore pendant quelque temps privilégier les placements les plus liquides ». Il tempère néanmoins le succès du produit en 2009 prévenant qu’ « Après le boom de la collecte en 2008. Il faut s'attendre à une normalisation progressive de la croissance du Livret A en 2009 ». Pour les banques, leur habilitation à distribuer le livret A est une aubaine sans précédent en ces temps où les liquidités se font rares. Il ne faudrait d’ailleurs pas s’y tromper, il s’agit pour elles avant tout d’une porte d’entrée qui devrait leur permettre de placer auprès de leur clientèle leurs produits à elles. Une clientèle aisée par ailleurs, puisque malgré son image de placement populaire, le livret A attire principalement l’argent des cadres et des professions libérales. Ces deux catégories socio-professionnelles affichent en effet des taux de détention à respectivement 62,4 % et 59,6 %. Le « placement préférés des Français » dispose encore décidément de très beaux jours devant lui…